Complot de Babington
Une conspiration de 1586 contre Élisabeth Ire, démasquée par la cryptanalyse, qui a coûté la tête à Marie Stuart.
Marie, prisonnière, correspondait avec Anthony Babington au sujet d'un projet d'assassinat d'Élisabeth pour mettre Marie sur le trône. Les lettres passaient en contrebande dans des barils de bière et étaient chiffrées avec un nomenclateur : un alphabet de substitution plus des symboles pour les mots courants. Le courrier, Gilbert Gifford, travaillait pour le chef des espions d'Élisabeth, Francis Walsingham, si bien que chaque lettre était copiée en chemin.
Le secrétaire chiffreur de Walsingham, Thomas Phelippes, a cassé le système par l'analyse de fréquence, puis ajouté un post-scriptum forgé demandant à Babington de nommer ses complices. Il l'a fait. Les conspirateurs ont été exécutés à l'automne, Marie en février 1587 — une leçon précoce et radicale : un chiffre faible est pire que pas de chiffre, car il pousse à écrire ce qu'on n'aurait pas écrit autrement.