Touche Compose
La touche qui fusionne les deux frappes suivantes en un seul caractère – Compose, apostrophe, e donne é – héritage de DEC que X11 a conservé sous le nom de keysym Multi_key.
Le clavier LK201 de DEC pour le VT220, en 1983, comportait une touche « Compose Character » : on l'enfonçait, un voyant s'allumait, et les deux frappes suivantes étaient combinées d'après une table interne au terminal. Sun dota ses claviers d'une touche Compose avec sa propre LED, et X11 reprit l'idée sous la forme du keysym Multi_key. Les séquences résident dans un fichier nommé Compose sous /usr/share/X11/locale/, un par locale, et chacun peut ajouter les siennes dans ~/.XCompose : <Multi_key> <minus> <greater> : "→".
Contrairement aux touches mortes, qui ne produisent qu'une poignée d'accents, Compose est une véritable usine à caractères : Compose o c donne ©, Compose 1 2 donne ½, Compose s s donne ß, et qui le souhaite peut définir des mots entiers. L'interprétation se fait côté client, d'abord dans la routine de saisie de Xlib, tandis que GTK et Qt embarquent leurs propres implémentations qui lisent le même fichier. Peu de claviers ont encore la touche, d'où les options XKB compose:ralt et compose:menu qui en détournent une autre. Windows n'offre rien de tel sans outil tiers comme WinCompose, et macOS répond au même besoin avec Option comme touche morte. Pour ceux qui ont un jour appris les séquences, c'est l'une des rares choses des terminaux des années 1980 qui manquent encore ailleurs.